Après mon dernier billet, je me suis demandé quel sera le sujet du prochain. J’ai trouvé. Je vais faire d’une pierre deux coups. Je vais vous parler du lundi (jour) et de la chaleur (température). Un lundi en Mauritanie, à Nouakchott, est aussi morose et détestable que les lundis d’ailleurs. Comme si être lundi ne suffisait pas, ce jour de 8 mai apporte avec lui une vague de chaleur.

« La chaleur est chaude », ces mots avaient été prononcés par un camarade au collège. Est ce parce qu’il avait des lacunes en français ou juste les conséquences d’un cerveau en surchauffe. Quoiqu’il a en soit, ce camarade de classe avait balancé au prof « monsieur la chaleur est chaude ». Juste après, un autre renchérit « non c’est la solail (soleil) qui nous tape ».

A l’époque, des rayons de soleil avaient pénétré la salle de classe, à travers une des fenêtres. Vous vous demandez certainement si c’était un lundi. Hummmm…. Non. On était mercredi, cours de mathématique.  Je souviens du jour, parce que je déteste les mathématiques. Les mathématiques, j’y reviendrai.

Hop! Finie la parenthèse « nostalgie »

A Nouakchott nous sommes habitués à la chaleur. Mais 45 degrés, ça n’arrive pas tous les jours. Ce lundi j’ai été réveillé par la chaleur. Oui, un sahélien qui se plaint de la chaleur, ça existe. Je suis là. Même si je vis à Nouakchott depuis quelques années, il ne faut pas oublier que je suis né et a grandi à Nouadhibou (au Nord du pays). Là-bas, la température est en moyenne à 25 degrés. Atteindre la barre des 40 degrés est chose rare.

Un Lundi chaut – thermomètre: CC Pixbay

Mais revenons à nos chèvres, pour ne pas dire à nos moutons. Après m’être réveillé contre mon grès, j’ai été accueilli à coup de gifles, par des rafales de vent. Oui, non seulement on est lundi, il fait chaud mais il vente en plus. La totale quoi. Aujourd’hui plus qu’avant, je déteste ce que lundi me fait subir. Je parle aussi au nom de tous ceux qui souffrent en silence à cause de lundi.

Premier effet du Front Dévastateur « lundi et challenge », le  chemin qui mène de chez au carrefour (d’où je prends un taxi) m’a semblé plus long que d’habitude. Pourtant, je parcours la même distance chaque jour, En Marche. Je sais, certains d’entre vous diront que je suis un feignant c’est tout. Ce n’est pas grave, je vous pardonne.

Quand la chaleur nous tient, les yeux tentent de sortir de leur orbite. Amadou SY (Remi Ngono II). 

Toujours est-il que j’ai réussi à me traîner jusqu’à l’hôtel Wissa, à Nouakchott. Je participe en effet à un atelier de formation, sur le journalisme sensible au conflit, à cet endroit. A peine ai-je ouvert la porte de la salle de conférence, un vent frais m’a envahi. Le climatiseur fonctionnait à plein régime. Tenez-vous bien, il n’a fallu que 30 mn au journaliste sensible à la chaleur, pour se peindre du climatiseur. Un nez bouché, une voix qui change et hop je veux qu’on éteigne la clim.

Vas-et-viens

Heureusement pour moi, un des confrères souffrait encore plus de la chaleur. Il faisait donc incessamment la navette entre sa chaise et clim. Tantôt on allume, tantôt on éteint. Un éternel recommencement jusqu’à la fin de la séance. Obligé de quitter l’hôtel et la clim, je me résolu à braver le soleil ardant pour finir le travail ailleurs. J’ai finalement atterri au bureau enturbanné et en sueur.

Méteo ce lundi: cc weather.com

Pile à l’heure

Je suis arrivé juste au moment où toute la rédaction du journal était réunie autour d’un bol de riz au poisson.  De bonnes bouchées, une bouteille d’eau minérale fraîche m’ont rendu ma bonne humeur. Mais cela ne change en rien le fait je n’aime pas le lundi. Lundi est incontestablement le jour le plus détesté au monde. On est souvent très désagréable ce jour là (une tonne de choses à faire). On s’emporte en deux temps, trois mouvements.

Pourquoi on déteste le lundi. C’est une question à choix multiples. Oui, les noctambules arrivent souvent en retard lundi matin au boulot. Mais la raison fondamentale, est certainement psychologique. En effet, le spectre du lundi nous ramène à l’enfance. La reprise des cours. D’ailleurs, il me semble que ce même lundi a fait couler encre et salive sur la plateforme Mondoblog.

Un peu de reconnaissance…

Une seconde, vous ne trouvez pas que je suis un peu ingrat, hein. J’ai certes été sonné par la chaleur, mais c’est grâce à cela que je peux écrire un nouveau billet. Bien installé au bureau en attendant que le maquettiste vienne pour le journal de demain, j’étais un peu bloqué devant une page vierge. Mais juste un peu.

Une journée de lundi c’est toujours hard. Lundi conjugué avec une température extrêmement hot, c’est la galère. Vraiment, je suis solidaire avec les amis sahéliens, qui bravent le soleil ardant, chaque jour. Je pense bien entendu aux nigériens et tchadiens surtout. Vraiment, Respect!

 

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Amadou
Hello c'est Amadou SY. Addict à l'info et au partage, je suis journaliste Print & Web dans la vie de tous les jours. Loin de toutes les contraintes éditoriales, je blogue pour partager idées et opinions sur ce qui se passe autour de moi et ailleurs 😉

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